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UN STÉNOPÉ AU NATUREL

Ce matin, alors que ma nuit avait commencé aux petites heures et que je m’accordais une heure de décalage, je me suis éveillée et surtout, émerveillée ! Un STÉNOPÉ s’était formé sur le mur de ma chambre.
Le temps d’ajuster mes mirettes, de me dire que je ne rêvais pas, je suis allée chercher mon FUJI XT1 pour immortaliser le phénomène.
Sans tarder, car la lumière change très vite, j’ai tenté de fixer sur ma carte cette photographie inversée de mon jardin sur le mur.

 

Oui, mais finalement, c’est quoi un sténopé ?

Le sténopé est un dispositif optique simplissime permettant d’obtenir un appareil photographique dérivé de la camera obscura (chambre noire). Il s’agit d’un simple trou de très faible diamètre. Par extension, on appelle ainsi l’appareil photographique utilisant un tel dispositif.

Un appareil photographique à sténopé se présente sous la forme d’une boîte dont l’une des faces est percée d’un minuscule trou qui laisse entrer la lumière. Sur la surface opposée au trou vient se former l’image inversée de la réalité extérieure, que l’on peut capturer sur un support photosensible (tel que du papier photographique). Pour faire simple, on peut dire que le sténopé fonctionne de la même façon que l’œil : il capture des images inversées du visible.

Du fait de la petitesse de l’orifice permettant à la lumière de pénétrer à l’intérieur de l’appareil et de l’absence de focalisation, le temps nécessaire pour impressionner la surface photosensible est très long. Selon la taille de l’appareil et de l’ouverture, cela peut se chiffrer en secondes ou en heures. Le trou du sténopé est minuscule, par conséquent, il permet une plus grande latitude d’exposition et offre une très grande profondeur de champs (presque à l’infini).

(extrait de les stenopistes)

EN PRATIQUE

Trouez une feuille d’aluminium avec une aiguille. Présentez-là au soleil ; sur une feuille blanche posée dessous, vous voyez apparaître une petite tâche lumineuse. Faîtes la même expérience sous une lampe de bureau, vous voyez l’image de l’ampoule, inversée en tous sens. Au soleil, vous n’avez pas vu une simple tâche de lumière, mais l’image du soleil.

Montez votre trou d’aiguille sur la paroi d’une boîte. Dans une chambre noire, mettez un papier photographique non insolé sur la paroi opposée puis fermez la boîte. Posez-la plusieurs minutes devant un bouquet de fleurs puis développez. Le bouquet de fleurs est sur le papier, vous avez fait votre première photographie au sténopé.

Sténopé : du grec « stenos » : étroit, serré, et « ôps » : œil.

Equivalent anglais, pinhole : trou d’épingle.

Un sténopé permet de reproduire une image après passage de la lumière par un orifice de très petit diamètre. L’image peut être observée en temps réel sur un dépoli, ou enregistrée sur un support quelconque, par exemple photographique.

Les premières descriptions du phénomène remontent à l’antiquité. Au cinquième siècle avant Jésus Christ, un Chinois, Mo Ti, décrit la projection des images du monde extérieur sur le mur d’une chambre obscure, à travers un petit trou placé dans le mur opposé. Au dixième siècle, un Arabe, Ibn Al Haitham, a observé que la netteté de l’image projetée dépendait de la grandeur du trou par lequel passait la lumière. Leonard de Vinci l’a utilisé dans sa « camera obscura ».

En photographie, les premiers pas ont été faits grâce aux objectifs à lentilles. L’utilisation du sténopé n’est apparue que plus tard.

Actuellement la technique du sténopé est utilisée en radiologie, en physique, en astronomie… Et en ce qui nous concerne, en photographie. Non pas par quelques nostalgiques mais par ceux qui y cherchent des qualités particulières à mettre en valeur.

La photographie au sténopé est en dehors des modes et des circuits commerciaux ; si elle est très pratiquée, elle est peu connue.