Vous, mes concurrents

Voici une idée: « nous allons arrêter de voir l’autre comme une menace pour nos entreprises et commencer à regarder le travail l’autre comme source d’inspiration, de compréhension de la technique, et d’encouragement »

Mes débuts, à 18 ans.

J’ai souvent regardé le travail des collègues (en général masculins) comme le nec plus ultra. Comme une envie d’être plus que ce que je suis. Quand j’ai commencé mes études supérieures, j’ai choisi l’enseignement.

Et oui, je voulais apprendre aux petits de maternelle à se servir de leurs dix doigts, à créer de petits objets et surtout à être le plus vite possible autonomes tant dans la création que dans la vie de tous les jours. J’ai finalement enseigné au secondaire sous le titre de “prof de dessin” ! Toujours est-il que j’ai découvert la photographie à l’âge de 18 ans et pas avant (ci-joint, ma première photographie de reportage). Elle s’est vite imposée à moi comme le moyen le plus percutant pour exprimer ce que je ressentais et surtout comment je vivais le monde. A l’époque, l’idée était de partir en coopération au développement pour travailler et profiter de mes acquis photographiques pour parler de ce que j’allais voir en Afrique, au Mexique ou je ne sais où encore.

Au fil du temps, année après année, les nouveaux médias ont rendu notre travail périlleux et ils nous a fallu tenir bon face à cette nouvelle génération qui partout et tout le temps prenait des images. Images, car toutes ne sont pas des photos comme je l’entends. Nous reviendrons sur ce point dans un autre article …

J’ai, dernièrement, en surfant sur la « concurrence », découvert ce photographe et celui qui en a traduit le texte (merci à lui). Je partage beaucoup le sens que donne Ben à la vie de photographe. Alors comme « rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme », je prends un malin plaisir à relayer par petites touches son manifeste. Profitez-en bien et surtout regardez ce que fait l’autre pour vous en inspirer.

Le manifeste d’un photographe

“J’ai vu des choses absolument magnifiques se produire dans l’industrie de la photo. J’ai vu des étrangers devenir les meilleurs amis du monde, j’ai vu de grandes idées prendre vie, et j’ai vu grandir les photographes, des débutants aux mentors. J’ai vu tant de choses qui me rendent fier de faire partie d’une si incroyable communauté.

Les tristes nouvelles, c’est que j’ai aussi vu le côté affreux de celle-ci. J’ai vu de la jalousie devenir médisance, j’ai vu les photographes omettre sciemment des techniques de base, et j’ai vu de jeunes photographes se décourager ou être déçus par le manque de soutien des photographes les plus populaires de l’industrie. Il n’y a pas d’autres mots, ça craint . Personne ne tire de bénéfice de la négativité, autant nous en débarrasser.

Nous allons changer les choses.

Je parle de vous. Du salarié à temps partiel, l’étudiant, le pro, l’éducateur, le roi d’Instagram, et des autres. Nous sommes tous des éléments essentiels de cette industrie et nous avons tous le pouvoir de la faire aller de l’avant. Ce manifeste est quelque chose que j’ai en tête depuis un certain temps et je l’écris pour tous ceux qui ont besoin d’un peu d’encouragement (moi y compris). Je crois en ces principes du plus profond de mon coeur et ils sont la force motrice de tout ce que je fais. Ils se résument tous à un simple petit fait. Nous sommes tous dans le même bateau, je pense qu’il est temps de devenir « géniaux ».

La solidarité contre la concurrence.

C’est l’idée numéro UNE. J’ai vu tant de photographes devenir solitaires. Des solitaires, découragés et négatifs. Quelqu’un a un jour pensé que ce serait une bonne idée de voir l’autre comme la concurrence et je ne sais pas pourquoi cette idée est restée.

Permettez-moi de vous dire une chose tout de suite: votre vie et carrière vont souffrir grandement si vous croyez en cela. Je le promets, je ne suis pas votre concurrent. Vous n’êtes pas mon ennemi. Vous êtes un autre artiste, et je suis dans la même équipe que vous. Je veux vous voir gagner. Je veux vous voir créer des choses magnifiques. Vous pourriez penser qu’il n’y a pas assez de job pour tout le monde mais je vous assure, il y en a beaucoup. Chaque artiste a son propre style et chaque client potentiel a son propre goût. Il y a toujours un match pour vous, peu importe combien d’autres photographes se trouvent sur le terrain.

Alors, voici une idée: « nous allons arrêter de voir l’autre comme une menace pour nos entreprises et commencer à regarder le travail l’autre comme source d’inspiration, de compréhension de la technique, et d’encouragement ».

Nous sommes tous des artistes passionnés; nous devons commencer à nous traiter les uns et les autres comme tels.

La concurrence vous démolit, la solidarité vous aidera à être plus costaud. Cela semble un choix assez évident, non ? Soyons tous collègues.”

Si j’avais eu la plume facile, j’aurais voulu écrire et vous partager les mêmes mots, la même énergie. Depuis quelques années, avec l’avènement des smartphones, appareils digitaux, caméras en tout genre, selfies, Snapchat, Instagram et j’en passe, nous sommes envahis d’images. Parfois ce sont des photographies dignes de ce nom, mais pas toujours, loin de là. Si je ne cherche pas à être meilleure que l’année précédente, je risque, bien vite, de passer inaperçue, d’être noyée dans ce flux d’images. Et je sais que pour y arriver je peux compter sur mes références, mes concurrents, mes collègues, mes ami(e)s.

Voici une liste non-exhaustive de ceux et celles qui jalonnent mon parcours depuis peu ou depuis toujours et me donne envie chaque jour d’être encore meilleure.
Afin que, vous aussi, vous puissiez découvrir, vous inspirer, et surtout devenir MEILLEURS